Matignon dans les cartons

Publié le par P.A.

Dominique de Villepin va-t-il "survivre", politiquement, à son mentor Jacques Chirac ? De quelques heures seulement : le président de la République et son Premier ministre ont prévu d'éteindre les lumières pratiquement en même temps, pour laisser la place aux nouveaux locataires de l'Elysée et de Matignon, probablement le mercredi 16 mai (veille de la fin officielle du mandat du président de la République, qui prit ses fonctions le 17 mai 1995 et fut réélu en 2002).

Immédiatement après la passation de pouvoir entre Jacques Chirac et son successeur, Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, le nouveau Premier ministre devrait être officiellement nommé et se rendre, dans la foulée, à l'hôtel Matignon pour prendre le pouvoir exécutif des mains de Dominique de Villepin. Dans les faits, Matignon va tourner au ralenti dès dimanche soir 20 heures, à la fermeture des derniers bureaux de vote. A partir du moment où le résultat du deuxième tour est tombé, le Premier ministre n'est plus autorisé, selon les textes, qu'à "gérer les affaires courantes". La liste des pouvoirs qu'il lui reste sont strictement encadrés et le secrétaire général du gouvernement veillera notamment, pendant dix jours, à ce que le gouvernement n'engage aucune dépense nouvelle importante.

Un dernier conseil des ministres, mercredi 9 mai, permettra toutefois d'effectuer les dernières nominations et de recaser les plus proches collaborateurs du Premier ministre. Au cours des dernières semaines, le gouvernement a utilisé largement à cet effet son "droit de tirage" sur les grands corps de l'Etat, une tradition d'ailleurs contestée par certains candidats à la présidentielle.

Le directeur de cabinet de Dominique de Villepin, Bruno Le Maire, est le seul poids lourd de l'équipe Villepin qui a choisi d'entamer une carrière politique : il se présentera aux législatives à Evreux (Eure), dans la circonscription tenue jusqu'ici par Jean-Louis Debré, l'ancien président de l'Assemblée nationale, nommé par Jacques Chirac à la tête du Conseil constitutionnel. En revanche, les deux adjoints de Bruno Le Maire, Alain Quinet et Louis-Charles Viossat, ont été promus inspecteur général des finances pour le premier, ambassadeur chargé de la lutte contre le sida pour le second. Véronique Guillermo, chef du service de presse de Matignon, est nommée inspectrice générale des affaires sociales.

Quant à Dominique de Villepin lui-même, il s'apprête à prendre le large, sans doute à l'étranger. Un temps en rivalité avec Nicolas Sarkozy, qu'il a rallié tardivement, il a refusé de s'engager dans la politique française après Matignon, en postulant par exemple à un mandat de député pour la prochaine législature. "Je ne suis pas un homme de demi-mesures, j'ai des passions, je poursuivrai dans la voie de ces passions, convaincu que, dans la vie, on a plusieurs vies", a-t-il confié au Monde. Entend-il se placer en réserve de la République ? Il sourit : "Les étagères sont pleines de recours qui prennent la poussière..."

Source: Le Monde

Publié dans Action gouvernementale

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