Villepin et Sarkozy mettent en scène leur réconciliation

Publié le par P.A.



Nicolas Sarkozy a la volonté et l'ambition du rassemblement, a souligné mardi Dominique de Villepin, qui a loué la capacité du candidat de l'UMP à diriger la France ces cinq prochaines années.

"Nous avons au cours des dernières années posé les bases de ce changement possible mais il faut aller plus loin, et je crois que Nicolas Sarkozy incarne ce changement, cette volonté, cette ambition", a déclaré le Premier ministre à l'issue d'un déjeuner à Matignon avec Nicolas Sarkozy, qui a duré environ une heure.

"Et puis (..) j'ai pu le mesurer tout au long de ces dernières années, il en a la capacité, les moyens et ça, c'est un élément décisif dans le choix des Français", a-t-il ajouté.

"Le dernier élément, c'est le défi de l'ouverture, le défi du rassemblement", a-t-il poursuivi, à l'heure où l'UMP dispute au Parti socialiste l'électorat centriste pour le second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai.

"Nicolas Sarkozy l'a dit : rassembler tout le peuple français, ne laisser personne au bord du chemin. Je crois que c'est essentiel, je crois que c'est sa volonté, c'est son ambition, c'est ce qu'il veut faire. Il me l'a réaffirmé", a assuré Dominique de Villepin.

Le chef du gouvernement, très discret avant le premier tour, a réaffirmé qu'il prendrait "toute [s]a part" dans la campagne de Nicolas Sarkozy d'ici au 6 mai mais il n'a pas précisé s'il participerait à un meeting du candidat de l'UMP.

"J'aurai l'occasion (...) de m'exprimer tout au long des prochains jours. Je l'ai dit : mon engagement avec ma famille, avec Nicolas Sarkozy est un engagement plein et entier", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy, qui a réalisé un "excellent score", "porte haut les couleurs de notre famille politique", a-t-il souligné.


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Se félicitant d'un "déjeuner très amical, très confiant", le candidat de l'UMP, qu'une rivalité farouche opposa à Dominique de Villepin, a assuré que les deux hommes n'étaient pas dans le registre des "signaux factices".

"Il n'était pas obligé de faire ce déjeuner. C'est un beau signal pour l'ensemble de la famille, l'unité de la famille politique qui est la nôtre a rarement été aussi parfaite dans les années passées", a dit l'ancien ministre de l'Intérieur.

"Si Dominique veut participer à un meeting, c'est très bien", a précisé Nicolas Sarkozy.

Bruno Le Maire, directeur de cabinet de Dominique de Villepin, et Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, participaient au déjeuner.

"On a parlé du passé, de ce qu'on avait fait ensemble. On a parlé du présent : j'ai dit au Premier ministre que j'avais besoin de son soutien. On a parlé également d'avenir, on a parlé de la vie. Pour moi, c'est très important de pouvoir m'appuyer sur l'expérience et le talent de Dominique de Villepin", a dit le candidat de l'UMP.

"On se parle souvent au téléphone. Ce qu'on veut, c'est faire les choses le plus efficacement possible, le plus honnêtement possible, le plus dignement possible. On n'a pas besoin de donner de signaux factices, puisque c'est la réalité", a-t-il dit.

"Je lui ai demandé de me donner son opinion sur la campagne, de me livrer son expérience : il a mené deux campagnes réussies aux côtés de Jacques Chirac", en 1995 et 2002.

Dans cette démonstration appuyée d'unité et de réconciliation, Nicolas Sarkozy a donné des gages à son ancien adversaire en apportant son soutien officiel à Bruno Le Maire, qui briguera la succession de Jean-Louis Debré dans le département de l'Eure lors des élections législatives de juin.

"J'ai dit à Bruno mon amitié, mon soutien le plus complet. Il sera un remarquable parlementaire. Je trouve que c'est fantastique que des gens comme lui acceptent de s'engager dans la politique, de le faire avec plein d'enthousiasme, plein de foi", a-t-il déclaré.

"Pour la famille politique qui est la mienne, c'est un atout. A fond derrière lui!", a-t-il lancé avant de quitter Matignon.

Le patron local de l'UMP dénonce le "parachutage" de Bruno Le Maire" dans l'Eure et a décidé se présenter une candidature dissidente, au risque d'une procédure disciplinaire.


Source: Reuters

Publié dans 2007

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