Citoyen Hortefeux, l’extrémisme on le combat, on ne transige pas avec.

Publié le par P.A.

L’interview accordée au Figaro par un conseiller écouté du candidat de l’UMP à la Présidence de la République montre qu’un courant existe, au sein de la droite parlementaire, qui est prêt à franchir la ligne jaune pour être assuré de vaincre au deuxième tour d’une élection qui s’annonce disputée. Il faut faire savoir dès maintenant qu’au cas où, par malheur, ce courant ferait prévaloir son point de vue et réussirait à mettre en oeuvre  ce projet de proportionnelle pour la représentation nationale, il rencontrera, au sein de l’UMP, au sein de la droite et du centre comme au sein du pays tout entier, non seulement une opposition farouche mais, très vite, une résistance totale au déshonneur.

Sous des dehors habiles, cette interview est un clin d’œil aux cadres du Front National. Personne ne peut s’y tromper. Soyons clairs. S’adresser à un électorat se sentant abandonné dans sa souffrance et qui, de ce fait, se tourne vers un démagogue populiste, pour faire revenir cet électorat vers un vote en faveur d’un candidat démocrate, se comprend et doit même être approuvé. Mais, introduire dans le corps législatif des élus sur liste, à l’idéologie extrémiste et xénophobe, est d’une autre nature. Nous ne voulons pas que dans le Parlement de la France des voix de haine, des voix racistes, les voix de l’abaissement de la France, se fassent entendre. Dans toute l’histoire de la Vé République seul un ancien pétainiste ayant reçu la francisque s’y est livré, avec la volonté manifeste de troubler le jeu démocratique. Nous en payons encore le prix aujourd’hui. Au moment où notre pays doit affronter des défis énormes, au moment où il faut emporter la conviction de nos concitoyens pour mettre en œuvre les réformes indispensables à la modernisation de l’Hexagone, la proportionnelle, même partielle, pour les élections législatives serait un mauvais coup porté à la nation française. Car la proportionnelle est telle une drogue, on en prend un peu, puis il y a accoutumance et l’on en redemande toujours plus. Ce serait introduire par la bande le retour au régime des partis, aux débats idéologiques sans fin et stériles. Ce serait, par conséquent, le retour assuré à l’impuissance érigée en système de gouvernement. La proportionnelle peut sembler une idée noble, apparemment équitable. Elle est assurément dangereuse.

Il faut rendre hommage au Président Chirac d’avoir clairement tiré le signal d’alarme dans sa dernière allocution sur ce danger, danger auquel il a toujours su faire face sans faiblesse aucune.

Monsieur le Président de l’UMP, Monsieur le candidat, vous qui avez été ignominieusement attaqué sur vos origines par les tenants de cet extrémisme, vous qui avez médité et écrit sur un enfant de la nation que ces mêmes forces ont autrefois mené à la mort, vous ne pouvez approuver une telle dérive. Faites le savoir. Vite.

Herbert AXELRAD

Publié dans 2007

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P
Je comprends et partage ton analyse, il est clair qu'il est fondamental de ne pas céder à la tentation de l'extremisme. Je pense que J. Chirac a toujours eu la bonne conduite face à cette question. Il me semble que cette tactique est un jeu trés dangereux et démontre une vision à court terme, car je ne peux pas imaginer que les français soutienne cette façon de procéder.<br /> C'est vrai que sans candidat sérieux et compétent cette élection n'a pas la hauteur qu'elle mériterait, on regrette chaque jour un peu plus les non-candidatures de J. Chirac ou D. de Villepin, seuls à avoir une vraie vision pour la France et les interet des français et non pas le seul objectif de satisfaire une ambition personnelle.<br /> Au Premier tour pour moi ce sera difficile de voter pour l'un des douzes candidats...
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F
Au-delà de la question de la propotionnelle, ce qui me choque surtout,<br /> c'est que cette petite phrase d'Hortefeux est surtout un clin d'oeil de plus aux électeurs et aux dirigeants du Front National.<br /> Sarkozy et Le Pen sont engagés depuis plus d'une semaine dans un tête-à-tête nauséabond: pas un jour, en cette fin de campagne, sans que l'un ne fasse un appel du pied à l'autre. Chacun des deux a bien compris qu'il a tout intérêt à retrouver l'autre au second tour (l'un pour s'assurer une élection tranquille, l'autre pour s'assurer une fin de carrière<br /> honorable): les voilà donc installés confortablement dans leur campagne de second tour, sans que les démocrates, les républicains, les gaullistes, les humanistes ne réagissent. <br /> Je trouve cela gravissime, car voici qu'en quelques déclarations plus que douteuses, toutes les digues que Jacques Chirac avait patiemment et obstinément posées contre l'extrême-droite sont en train d'être levées.<br /> On en vient même à poser à Nicolas Sarkozy la question d'une participation de ministres FN à son gouvernement: aurait-on jamais imaginé évoquer cette question devant Jacques Chirac? Ce qui était tout simplement impensable jadis devient aujourd'hui un cas d'école.<br /> Tout ça pour dire que plus j'y réfléchis, plus je me dis que rien ne m'oblige à offrir au second tour ma voix à un candidat sur lequel j'aurais des réserves aussi fortes.<br /> Faire barrage à Ségolène Royal pour éviter à la France une nouvelle aventure socialiste ? Oui, bien sûr, et plutôt deux fois qu'une...<br /> Mais D'ABORD, faire barrage à l'extrémisme, au populisme, à la démagogie et à la politique des clins d'oeil !<br /> Pour moi, la démocratie tombe à terre lorsque les démocrates n'ont plus la force de dire tout simplement: "Non, ça suffit! Je ne suis plus d'accord!"<br />
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