Dominique de Villepin soutient Sarkozy mais point trop n'en faut

Publié le par P.A.

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Tout en réaffirmant, timidement, son soutien au "candidat de sa famille politique", Dominique de Villepin a fait entendre lundi sa différence avec Nicolas Sarkozy, notamment sur sa proposition controversée de créer un "ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale".


A trois semaines de la présidentielle, le Premier ministre a, là où il était plutôt attendu sur la délivrance d'un testament politique, profité de sa 20ème et ultime conférence de presse mensuelle pour distiller des piques au candidat de l'UMP.

On était en effet bien loin du franc ralliement exprimé le 12 mars par M. de Villepin, juste après l'annonce du retrait de Jacques Chirac, mais davantage dans la tonalité de l'automne quand le chef du gouvernement ne ménageait pas son ex-ministre de l'Intérieur sur la carte scolaire, la discrimination positive ou encore les régimes spéciaux de retraite.

Certes, il a pris soin de mettre en garde contre le retour "en arrière" que représenterait, selon lui, une victoire de la gauche et de redire que M. Sarkozy était le candidat "le mieux à même de porter" les choix qu'il défend pour la France.

Mais exit de son discours la petite phrase écrite où il lançait: "je suis à ses côtés pour défendre la vision d'un pays qui veut poursuivre rassemblé dans la voie du changement". Surtout, en réponse à la question d'un journaliste, il s'est nettement démarqué de la proposition de M. Sarkozy de créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, dénoncée à gauche, à l'UDF et jusque dans les rangs de l'UMP.

"Moi, je dois dire clairement que quand le débat a été posé, je n'étais pas pour ma part favorable à la création d'un ministère en tant que tel, et la proposition de Nicolas Sarkozy qui déjà, à cette époque, se prononçait pour un ministère à part entière, eh bien nous n'étions pas de ce point de vue-là tout à fait d'accord", a lâché M. de Villepin. Et de plaider plutôt pour "une Agence de l'immigration".

Comme en contrepoint de l'idée de rupture promue par M. Sarkozy, il a insisté sur la nécessité de rassembler et sur le risque de "fracture sociale", thème dominant de la campagne de Jacques Chirac en 1995.

Interrogé sur les banlieues, talon d'Achille du candidat UMP, il a souligné la nécessité de "jeter des ponts" pour éviter les "risques de fracture" avant d'estimer qu'un chef de l'Etat doit "en permanence être soucieux de rassembler".

M. de Villepin s'est en outre abstenu d'émettre la moindre critique contre ses deux ministres -François Goulard et Azouz Begag- qui ont choisi de soutenir le candidat UDF François Bayrou. "Chacun est responsable et maître de sa propre cohérence (...) Un gouvernement, ce n'est pas une caserne", a-t-il dit.

Tiendra-t-il un meeting commun avec M. Sarkozy ? M. de Villepin a répondu d'un très sobre: "la chose est prévue".

Flanqué de 12 ministres -un chiffre inégalé depuis plus d'un an- et face à des journalistes venus en nombre, le Premier ministre s'est dit persuadé de "laisser la France dans un meilleur état que celui qu'(il) a trouvé", avant de livrer quelques confidences sur l'après-Matignon. Il souhaite se remettre à "enseigner aux Etats-Unis, en Chine, au Moyen-Orient, en Afrique" mais ce ne sera son "activité principale". Pour les "autres pistes" qu'il étudie, il faudra attendre début mai.

Publié dans Action gouvernementale

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U
En Allemagne, le parti de Madame Merkel parle a nouveau de Deutsche Leitkultur > CULTURE DIRGEANTE ALLEMANDE, c est la meme chose que l identité francaise.<br /> <br /> http://www.tagesschau.de/aktuell/meldungen/0,1185,OID6449880,00.html<br /> <br />     Un candidat aux elections de ce parti en Sachse avait meme repris le slogan du NPD (Font national allemand) ARBEIT- FAMILIE-VATERLAND : Travail-Famille-Patrie.<br /> <br />     C est pour ces raisons que beaucoup de Français d Allemagne voteront BAYROU.
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